Avec Postal, Uwe Boll rase gratis

Postal ou l’art de la non demi mesure

[tim image= »https://aviscritiquecom.files.wordpress.com/2021/02/2d90a-affiche1.jpg » haut= »180″ align= »left »] Bienvenue à Paradise City ! La ville de tous les extrêmes. Notre héros, pimpant et fier chomeur cherche du boulot. Las, il se fait entrainer dans une énième combine de son Oncle Dave, gourou d’une secte hippie. Le plan ? Voler un camion complet de poupée Krotchy, la coqueluche des enfants actuellement en rupture de stock. Problème, Ben Laden et ses talibans ont exactement le même plan !!

Voilà, le pitch est posé, on reprend une gorgée de mojito et on attaque la suite, la bande annonce :

La bande annonce de Postal

Postal 2 le jeu Uwe Boll est un réalisateur allemand assez spécial. Inconnu au bataillon, il devient célèbre en 2003 en adaptant le jeu vidéo House of the Dead, un jeu de tir horrifique développé par Sega et qui a bien cartonné en arcade avant d’arriver sur console. Deux ans plus tard, rebelotte avec le film tiré du jeu « Alone In the Dark« . Malgré la présence de Christian Slater au casting, le film est une catastrophe et Boll est immédiatement détesté par la plupart des gamers. Mais notre réalisateur sent bien que coller le nom d’un jeu vidéo connu sur un film assure son succès. Il commettra par la suite Bloodrayne (2005) et Dungeon Siege (2007). Du coup, les gamers tremblent, quel sera le prochain jeu qui passera dans la moulinette Boll ?

On parle de Far Cry (edit : prévu pour fin 2008 ), surprise, le réalisateur jette son dévolu sur Postal, un FPS ultra controversé de part son positionnement trash et ultraviolent.

Un extrait du jeu vidéo Postal 2
Postal 2 : le renouveau du devoir civique…

Le premier opus sorti en 1997 est passé quasiment inaperçu. Le phénomène Postal a réellement commencé en 2003 avec la sortie de Postal 2, un First Person Shooter où on incarne un héros désabusé et violent dans une ville rempli de crétin dangereux (et armé). Notre perso aura fort à faire : pisser sur la tombe de son père, se faire attaquer par des rednecks fan de sadomaso, aller payer sa confession à l’Eglise avant de subir un assaut des talibans… bref, le jeu développé par Running With Scissors avait tapé fort dans le politiquement incorrect et s’était attiré les foudres des censeurs. Interdit en Nouvelle Zélande, souvent affublé d’un « Interdit au moins de 18 ans » et jamais sorti en France. Bref, le jeu n’a pas eu la vie facile. Pour autant, il a rapidement acquis une place privilégiée dans le coeur des gamers. L’univers violent, dérisoire et très contre courant a séduit bon nombre de joueur. Personnellement, je garde un souvenir ému du lobby écologiste qui brule une bibliothèque par ce que « ça tue des arbres » 🙂

Les nazis s’invitent dans Postal

Mais revenons au film. C’est le studio à l’origine du jeu qui est également le producteur du film. Boll a donc eu les mains assez libre pour faire ce qu’il voulait et il ne s’est pas privé !

On retrouve un gros paquet d’élément du jeu : on a du taliban, du flic ripoux, du nazi et un héros complètement timbré qui ne tarde pas à péter les plombs (going postal), mais Boll y a rajouté une couche large et épaisse de gags complètement déjantés et de très mauvais goûts. Le jeu a des talibans qui attaquent des catholiques ? Pas de problème, le film aura Ben Laden et Georges Bush qui se font des poutoux tandis que des terroristes s’écrasent sur les tours à New York en se demandant « y’aura combien de vierges qui nous attendrons au paradis ? »

Uwe Boll a voulu faire dans l’overdose et c’est réussi, on ne peut pas ressortir du film sans être choqué… et sans avoir ri. Oui Postal le film est assez mauvais, oui Zack Ward n’est pas très convainquant en héros qui pète les plombs mais le film est tellement outrancier qu’il en est drôle.

C’est donc avec un certain étonnement que je peux dire que oui, Uwe Boll a réussi à faire un film qui était regardable, ne serait-ce que pour contempler sa bizarrerie et son absence de demi-mesure.

Sorti le 18 octobre 2007 en Allemagne, le film a tourné dans quelques festivals et c’est aujourd’hui qu’il débarque finalement dans les salles de cinéma américaines. Pour sûr qu’il ne passera pas inaperçu.

En plus, on a même droit à Verne Troyer (Mini moi des Austin Power) qui joue le rôle de… Verne Troyer. Alors que demande le peuple ? 😉

Georges W Bush et Ben Laden, de vrais déconneurs

Anarchy In Paradise City

Fiche technique

Date de sortie USA : 1er février 2008
Date de sortie France : inconnue

Réalisateur : Uwe Boll
Scénariste : Uwe Boll
Production : Running With Scissors

Casting :

Le postier : Zack Ward
Georges W. Bush : Brent Mendenhall
Osama Ben Laden : Larry Thomas
Verne Troyer : Verne Troyer
Oncle Dave : Dave Foley
Richard : Chris Coppola
Mohammed : Michael Benyaer
Faith : Jackie Tohn
Habib : Erick Avari
Officier John : Ralf Moeller
Officier Greg : Chris Spencer
Paul : Seymour Cassel
Peter : David Huddleston
Uwe Boll : Uwe Boll
Candidat Wells : J.K. Simmons
Jenny : Michaela Mann
Cindy : Lucie Guest