Heavy Rain : le grand retour de Cage ?

De David Cage bien entendu ! Le créateur de The Nomad Soul (1999) et Fahrenheit (2005). Après l’échec commercial de Fahrenheit (mais grand succès d’estime), le studio de Cage, les français de Quantic Dream, était attendu au tournant avec « The Nomad Soul 2 ». Surprise, c’est un projet entièrement nouveau qui est privilégié : Heavy Rain.

Initié en février 2006, le développement du jeu a connu un premier coup de projecteur avec la vidéo « The Casting » diffusée à l’E3 2006. Cette vidéo, vitrine technologique du studio, présentait l’actrice Aurélie Brancilhon entièrement modélisée en 3D. Après un silence de 2 ans, c’est durant la Game Convention de Leipzig qu’Heavy Rain a fait sensation avec une toute nouvelle vidéo très blufflante :

Heavy Rain est voulu comme une histoire interactive où l’histoire prévaut sur l’action. On retrouve dès lors les QTE ou Quick Time Event comme dans Faherenheit.

Les QTE sont des actions contextuelles à réaliser au cours d’une scène cinématique, en gros, on appuie sur le bon bouton au bon moment. De ma mémoire, la popularisation de ce gameplay s’est faite avec les (ignobles) jeux sur Mega-CD où les longues cinématiques pixellisées demandaient de temps en temps au joueur de faire un truc. Mais les lettres de noblesses du QTE sont apparues en 1999 avec le succès du mythique Shenmue sur Dreamcast. Ce jeu proposait entre autres des scènes interactives en QTE où le joueur devait intervenir. Cela permettait de briser la passivité du joueur face à la cinématique et surtout d’apporter une mise en scène cinématographique au jeu.

En partant de là, Quantic Dream a poussé le concept à son paroxysme avec Fahrenheit (PC / Xbox / PS2) en 2005. Dans ce jeu, on incarne un homme qui a commis un meurtre et qui cherche ce qui l’a poussé à agir ainsi. Doté une ambiance particulièrement captivante, de personnages attachants et d’un scénario (de prime abord) béton, Farhenheit propose une expérience ludique exceptionnelle, entre le jeu et le film à suspense. Hélas, on ne peut pas en dire autant de la deuxième partie du jeu, largement bâclé au niveau du traitement de l’histoire et qui sombre dans la succession de scènes d’action en QTE assez rébarbative. Pour autant, ne serait-ce que pour ses 10 premières heures de jeu, Fahrenheit vaut vraiment la peine d’y jouer afin d’en gouter l’ambiance unique (haa la scène de l’asile psychiatrique avec Carla Valenti, le stress garanti !) . Un des reproches du jeu à l’époque avait été l’intégration des QTE dans le jeu. Il faut dire que les boutons à presser étaient stipulés en plein milieu de l’écran par des directions de couleur. les esprits chagrins peuvent dire que les couleurs se confondaient par moment avec l’environnement, mais ça c’est peanuts ! Le vrai soucis, c’est que ça gâchait passablement la cinématique vu qu’il fallait tout le temps fixer ces barres de couleur !

moche hein ?
Moches, peu visibles et super envahissants, des QTE assez ratés dans Fahrenheit

Heavy Rain se place dans la continuité de Fahrenheit au niveau de son gameplay. Sauf que comme on peut le voir dans la vidéo, l’intégration des QTE s’est faite beaucoup plus discrète (trop peut être ? ) et semble ne plus nuire au plaisir de jeu. A cela s’ajoute les impressionnants progrès quant à la modélisation des personnages et une motion capture assez bluffante. De plus, le travail de design admirable dans l’appartement donne une ambiance vraiment étrange à l’ensemble, à la fois inquiétante et captivante… deux sentiments que Quantic Dream sait distiller auprès des joueurs. Dommage en revanche que les extérieurs soient aussi vides et se dotent du filtre « marron-ocre » à la mode.

David Cage promet que son jeu « permettra de vivre l’histoire plutôt que de la regarder passivement à travers des vidéos in-game. C’est un thriller noir offrant maints rebondissements, et bien qu’il soit constamment interactif en temps réel, nous le considérons plus totalement comme du jeu vidéo : c’est une expérience interactive pour un public adulte dans lequel l’émotion est le maitre mot »

Ce genre de déclaration laisse songeur et fait espérer un jeu avec une histoire solide et maitrisée d’un bout à l’autre (ce que Faherenheit n’avait pu être) Pour savoir si Cage tiendra ses promesses, rendez-vous en 2009, malheureusement seulement sur Playstation 3.

Des visuels de Heavy Rain :
Heavy Rain sur PS3
Heavy Rain sur PS3
Heavy Rain sur PS3
Heavy Rain sur PS3
Heavy Rain sur PS3
Heavy Rain sur PS3
Heavy Rain sur PS3

5 commentaires sur “Heavy Rain : le grand retour de Cage ?

  1. La 3D est loin de « tout déchirer » mais c’est rattrapé par la modélisation des visages et l’animation.

    Miam miam, très intéressant comme scène. Après à voir si le jeu aura une bonne histoire, car c’est là que ça fera la différence.

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  2. t’ain mais arrêtez de cracher sur farhenheit, il est trop fort ce jeu ! qantic assure grave et heavy rain va tout déchirer !

    Santini

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  3. j’adore le visage de la fille, c’est super impressionnant. Bon sinon pour le reste, c’est de la 3D classique, loin d’être « la plus belle qui poutre tout » mais ça va.

    Par contre, pfuuu une exclu PS3… relou la guerre des consoles 😦

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  4. Woaw ! ça a l’air sublime ! Déjà que l’animation des perso m’avait scotché dans farenheit, là c’est juste puissance 10.

    Si le plaisir de jeu est aussi puissance 10, ça promet !!!

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