Interplay n’a pas froid aux yeux

Le financement participatif ou crowfunding permet aux studios sans éditeur de passer directement auprès du public pour financer leur projet. De gros succès ont ainsi vu le jour, de la console Ouya, à Star Citizen en passant par le Project Eternity d’Obsidian. Derrière les plus grosses levées de fond, on trouve généralement de grands studios au passé glorieux et des projets de jeu « old school » (jeu d’aventure, simulation spatiale ou God Game) qui sont persona non grata auprès des éditeurs.

L’escroquerie de PV13

Flairant le filon facile, Interplay a ressorti du carton le studio Black Isle, fait un bon teasing autour de la fin du monde et pondu le rocambolesque projet : PV13.

Problèmes ?
Interplay a bien les droits de Black Isle mais la plupart des membres qui ont bossé sur les jeux légendaires du studio (La série Baldur’s Gate pour ne citer qu’elle) sont depuis longtemps partis (chez Beamdog, Obsidian, Bioware…), donc derrière le nom, aucun talent ou succès tangible depuis des années. Mais là où l’histoire devient grotesque, c’est qu’Interplay appelle les internautes à financer son mystérieux projet PV13… sans rien montrer du jeu en dehors de deux artworks vaseux.

Mais pour ne pas s’arrêter en bon chemin, l’éditeur propose de financer son jeu directement sur son site, sans passer par un service tiers pour contrôler la récolte d’argent (comme peut l’être Kickstarter).

Enfin, le top du top : l’argent est immédiatement débité lors de la donation, peu importe si le minimum de financement souhaité est atteint ou pas. Sur une plateforme de financement, il faut savoir qu’on fait une promesse de don et le paiement est fait si et seulement si le montant minimum de financement est atteint.

Mais pour Interplay, pourquoi se priver ?!

Et surtout, après le financement, qu’est-ce vous obtenez ? Un accès au forum privé du jeu et un badge virtuel ! Hé oui !

PV 13 ? On finance le jeu vidéo final ?

Cerise sur le gâteau, l’argent récolté ne servira pas à financer le jeu, nan ! Il servira à faire un prototype pour présenter le jeu.

Au final, on a studio fantôme qui demande des financements sans aucune garantie pour payer les esquisses, la plaquette projet et le business plan de PV13. Ce n’est même plus un gag, c’est du délire.

Et si vous n’y croyez pas, je vous invite à découvrir le site du projet sur cette page et à lire les commentaires des internautes, choqués et dégoûtés d’une telle attitude.